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                               La vida loca

Et si on voulait rentrer en France?

Publié le 8 Février 2014 par Anne De Oliveira

Et si on voulait rentrer en France?

Question purement rhétorique puisque l'envie n'est pas de ce côté là pour le moment.

Mais admettons qu'on en ait envie. Il y a une chose que nous ne remettrions pas en question c'est notre choix de faire l'instruction en famille.

Sauf que voilà , ce droit (la convention internationale des droits de l'Homme qui énonce le principe de la liberté d’enseignement et de la liberté du choix d’éducation) est aujourd'hui remis en cause .

Une proposition de loi déposée le 18 décembre dernier sur le bureau du sénat par le Sénateur Portelli vise à restreindre les possibilités d’instruire son enfant sans école aux seuls cas d’incapacité (handicap).

Cette proposition de loi agite dans un premier temps l'épouvantail de la désocialisation http://theomaluanneief.canalblog.com/archives/2014/01/23/29025671.html#utm_medium=email&utm_source=notification&utm_campaign=theomaluanneief

Cet argument éculé tellement entendu par les familles qui pratiquent l'IEF qu'il en est extrêmement lassant , a été le sujet de beaucoup d'articles sur la blogosphère http://apprendrealairlibre.com/2013/12/19/1-les-non-scos-ont-un-probleme-de-non-socialisation/ . La socialisation fait d'ailleurs partie intégrante du bingo du non-sco , jeux très prisé des familles"IEF"

http://melynae.files.wordpress.com/2012/09/le_bingo_du_nonsco1.jpg

Mais bien entendu ce n'était que l'arbre (feuillu ou conifère je m'interroge) qui cachait la forêt puante et marécageuse. Parce que d'un seul coup "ça" s'est précisé, sur ce lien là notamment http://www.ump-senat.fr/spip.php?article7665

"La proposition de loi déposée par le sénateur Hugues PORTELLI, et cosignée par d’autres sénateurs élus de banlieue comme lui, a pour unique objet d’attirer l’attention sur la dimension éducative de la montée du communautarisme dans les cités. Le phénomène se traduit notamment par le détournement de la possibilité pour les familles d’éduquer leurs enfants à leur domicile. Dans la mesure où l’Education nationale, qui a l’obligation de contrôler le respect par les parents des programmes scolaires, n’exerce pas correctement cette mission, il apparaît nécessaire pour les signataires de la proposition de loi de limiter sérieusement cette option et de renforcer les contrôles de l’Etat. Ils n’ont en aucun cas pour objectif de porter atteinte au principe constitutionnel de libre choix éducatif des parents."

Donc pour "lutter contre la montée du communautarisme" (si vous lisez bien entre les lignes on a pas parlé de toutes les communautés hein , c'est assez ciblé et parfaitement vomitif) on ne se renseigne pas auparavant sur la législation qui encadre l'instruction en famille en France et accessoirement sur la mission de l'Education Nationale.

Pour rappel : afin d'encadrer le droit a l'Instruction en Famille, l'Education Nationale procède annuellement à un contrôle tous les ans. Lors de ces contrôles les parents sont tenus de "faire état d’une progression dans les apprentissages et de viser un niveau comparable aux enfants scolarisés, ce niveau se compare à l’issue de la période d’instruction obligatoire (actuellement à 16 ans). Article D.131.16 du Code de l’Education.".

La loi ne prévoit donc pas de tests et n'oblige aucunement les familles à suivre les programmes et la progression retenue par l'Education Nationale.

A l'heure actuelle, ce contrôle est effectué chaque année par l'Education Nationale et de nombreuses familles ont a déplorer, justement, que cette loi ne soit pas respectée et que l'institution outrepasse ses droits en s'appuyant sur une circulaire interne (Circulaire n°2011-238 du 26 décembre 2011) qui n'a aucunement valeur de loi.

Monsieur Portelli démontre ici sa complète ignorance de la réalité des familles qui pratiquent l'instruction en famille et plus grave des lois qui encadrent le dispositif.

Malheureusement il semble qu'il ne souhaite pas en savoir plus puisqu'il a refusé de rencontrer les dites familles. A contrario Mme Colette Melot , sénatrice , co-signataire du projet et fraichement nommée "rapporteur" a échangé pendant plus de deux heures avec les familles afin de mieux connaitre les éléments que j'ai cité précédemment.

Espérons que cet échange portera ses fruits et que la réalité humaine l'emportera sur je ne sais quelles obscures considérations politiques.

En attendant je ne suis pas française de cette France là (parce qu'on en est pas a une ou deux lois liberticides en ce moment) et nous ne reviendrions pas dans un pays où nous aurions l'obligation de scolariser nos enfants ce qui, quelque part, nous condamnerait à l'exil.

Allez, à bientôt pour de nouvelles aventures un peu plus gaies et dynamiques et en attendant si le cœur vous en dit la pétition est toujours d'actualité.

https://secure.avaaz.org/fr/petition/SENAT_Lannulation_de_la_proposition_de_loi_visant_a_limiter_le_droit_de_lief/?dBuNMgb&mobile=1

Et si on voulait rentrer en France?
Commenter cet article

DocFred 20/07/2014 11:14

Chalut tout le monde,

Très intéressant cet article, et pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'en tant que résidant français, cette information n'a pas fais la une des journaux, tellement pas que c'est grâce a vous, expatriés vers le Mexique, qui j'apprends cette 'orientation politique souhaitée sur l'éducation a domicile'.
Autant je comprends votre position, et donc votre avis sur le sujet, autant je ne suis pas d'accord avec ton analyse des libertés baffouées ou des problematiques communautarisme (qu'est ce que c'est moche comme mot).
En fait je conviens que c'est une liberté en moins si ce texte devait aboutir (d'ailleurs on en est où depuis ?). Toutes fois, les libertés aujourd'hui.... Ça veut plus rien dire dans un système où tout est verrouillé, contrôlé, surveillé. Alors j'appellerai plus ceci comme une restriction supplémentaire qu'une liberté en moins.
Nan parce que l'argument selon lequel des communautés entières exploitent le système pour ne pas avoir a envoyer leur enfants a l'école, est je pense, plus que valable. Même si ça ne sera jamais présente comme tel.
Alors au final, vous preconiseriez quoi ? Que chacun est la liberté de choisir le mode d'éducation que l on souhaite ? Donc, si le radicalisme poursuit son chemin dans le monde,et en France y compris, nous pourrions donc nous orienter vers des familles qui n'eduqueront que leurs garçons (impact religieux,culturel, origine, etc...), parce que leur religion ne prévoit pas l'éducation des filles ?

Et vous alors, spécialiste de l'éducation a domicile, vous preconiseriez quoi ? Pour que ça marche !

Bisous a la famille les expatriés mais non moins français ! ;)

DocFred 20/07/2014 11:14

Chalut tout le monde,

Très intéressant cet article, et pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'en tant que résidant français, cette information n'a pas fais la une des journaux, tellement pas que c'est grâce a vous, expatriés vers le Mexique, qui j'apprends cette 'orientation politique souhaitée sur l'éducation a domicile'.
Autant je comprends votre position, et donc votre avis sur le sujet, autant je ne suis pas d'accord avec ton analyse des libertés baffouées ou des problematiques communautarisme (qu'est ce que c'est moche comme mot).
En fait je conviens que c'est une liberté en moins si ce texte devait aboutir (d'ailleurs on en est où depuis ?). Toutes fois, les libertés aujourd'hui.... Ça veut plus rien dire dans un système où tout est verrouillé, contrôlé, surveillé. Alors j'appellerai plus ceci comme une restriction supplémentaire qu'une liberté en moins.
Nan parce que l'argument selon lequel des communautés entières exploitent le système pour ne pas avoir a envoyer leur enfants a l'école, est je pense, plus que valable. Même si ça ne sera jamais présente comme tel.
Alors au final, vous preconiseriez quoi ? Que chacun est la liberté de choisir le mode d'éducation que l on souhaite ? Donc, si le radicalisme poursuit son chemin dans le monde,et en France y compris, nous pourrions donc nous orienter vers des familles qui n'eduqueront que leurs garçons (impact religieux,culturel, origine, etc...), parce que leur religion ne prévoit pas l'éducation des filles ?

Et vous alors, spécialiste de l'éducation a domicile, vous preconiseriez quoi ? Pour que ça marche !

Bisous a la famille les expatriés mais non moins français ! ;)

Anne 20/09/2014 01:09

Nous avons Co-écrit avec une collègue/amie sur l'enquête de la mairie où l'on retrace un peu l'historique de l'instruction en famille et les peurs/questionnements des professionnels qui sont amenés à réaliser cette enquête. Il devrait sortir bientôt ;)

Anne 20/09/2014 01:06

Coucou,
Pas eu trop le temps de répondre , on a été un chouillat occupés ;)
Je ne préconise rien parce que je ne suis pas une spécialiste juste un parent parmis tant d'autres qui aurait plaisir à débattre de çe sujet autour d'un verre plus que sur le net mais là ça fait un peu loin.
Alors je dirais juste pour la question de l'impact religieux et culturel qu'il y a déjà un dispositif fort lourd et mon point de vue inadapté (car la mise en œuvre de la vérification de la réalité de l'instruction en famille est confiée a des membres de l'éducation nationale qui pour la grande majorité n'ont aucune idée de ce que sont les nouvelles pédagogies et de l'apprentissage autonome/informel en particulier). A l'heure actuelle les familles ont chaque année un contrôle pédagogique et tous les deux ans une enquête de la mairie. Malgrès les nombreuses tentatives de rapprochement la MILVILUDES n'a jamais pu faire de lien entre IEF et appartenance sectaire (et ce n'est pas faute d'avoir essayé). Pour parler clairement parce que la lecture entre les lignes fatigue l'œil les familles musulmanes que j'ai pu côtoyer dans le cadre de l'IEF étaient extrement concernées et investies dans l'éducation de leurs enfants et ce quelque soit le sexe et elles avaient en plus à subir les regards plein de sous-entendus que ne subissent pas les membres d'autres religions/cultes.